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Chopin l'intemporel

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23 août 2025

Brochow : les fonts baptismaux de Chopin

Fryderyk Chopin fut baptisé le 23 avril 1810 dans l'église de Brochow.

 

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C'est aussi dans cette église que les parents du compositeur se sont mariés en 1806, et où, en 1832, on a célébré le mariage de sa sœur aînée Ludwika.

 

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Cette église fortifiée est l'un des plus précieux monuments de l'architecture sacrale polonaise.

Voici quelques photos anciennes prises au début du 20ème siècle.

 

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23 août 2025

Les familles Chopin et Pruszak

Konstanty (Constantin) Pruszak, connu sous le nom de Kostus, fut l'un des meilleurs amis et condisciplines de Chopin. Leurs deux familles avaient des relations très chaleureuses. On peut en trouver beaucoup de traces dans la correspondance de Frédéric, en particulier dans ses lettres à Tytus Wojciechowski (1808-1873), leur ami commun.

 

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(Konstanty Pruszak)

 

Dans ses lettres au sujet de la famille Pruszak, Frédéric parle plus particulièrement de la soeur de Kostus, Aleksandra, connue sous le nom d'Olesia, car il voyait en elle une possible épouse pour Tytus.

 

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Aleksandra (Olesia) Pruszak

 

Cependant, ce plan matrimonial échoua. Olesia fut mariée à Onufry Mleczko, un propriétaire terrien plutôt mal vu de Frédéric qui en profitait pour ironiser sur son nom (qui signifiait "lait" en français). Frédéric donnait des leçons de piano à Olesia car celle-ci avait insisté auprès des parents de Chopin pour recevoir ces leçons, et non parce qu'elle avait un quelconque talent. "Je ne faisais que perdre mon temps", écrira Chopin à Tytus.

 

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(Onufry Mleczko)

 

Frédéric et sa famille rendaient régulièrement visite aux Pruszak dans leur palais rue Marszalkowska à Varsovie. Ce palais était le lieu de nombreuses réunions de la société, attirant les Dziewanowski, Woyciechowski, Mleczko et autres, principalement grâce à Marianna Pruszak, la mère de Kostus, qui était très active sur le plan social et organisait des concerts et des pièces de théâtre polonaises et françaises dans lesquelles jouait parfois Frédéric, bien connu pour ses dons de comédien.

Les femmes des deux familles s'étaient engagées dans des oeuvres charitables. Les soeurs de Chopin, Ludwika et Izabella, travaillèrent à l'orphelinat, ainsi que dans l'Association Patriotique Charitable des Dames Polonaises. Amelia Pruszak, née Christiani, l'épouse de Konstanty, chanta dans des concerts de charité.

 

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Marianna Pruszak, mère de Konstanty

Aleksander Pawel Pruszak, père de Konstanty  

 

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Amelia Pruszak, femme de Konstanty (portrait et photo)

 

En 1828, durant son séjour à Sanniki, Frédéric et Konstanty se rendirent dans la Capitale, au Théâtre National de Varsovie (où Chopin se produira en 1830), afin d'y voir une représentation du Barbier de Séville de Rossini.

 

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Théâtre National de Varsovie (aquarelle de 1780)

 

 

Nous savons également que le Vendredi Saint 1830, Frédéric et Konstanty visitèrent ensemble des tombeaux dans les églises de Varsovie et qu'en 1829, le compositeur rencontra Kostus à Dresde.

 

Les liens d'amitié concernaient également la soeur aînée de Frédéric, Ludwika, avec Olesia. Marianna Pruszak se rendait régulièrement au domicile des Chopin et devient marraine de Henryk, fils de Ludwika et Jozef Jedrzejewicz, en 1833.

 

La plupart des références à la famille Pruszak apparaissent dans la correspondance des années 1828-1830. La dernière mention figure dans une lettre de Chopin aux Jedrzejewicz en 1845 : "Meilleures salutations aux Pruszak".​​​​​​​

 


 

 

 

22 août 2025

Le Palais Staszic

Adresse : Krakowskie Przedmiescie (1319)

 

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Le Palais Staszic était l'un des monuments publics les plus importants au temps de la jeunesse de Chopin. Le bâtiment classique, avec sa façade égayée d'une colonnade et d'images menaçantes d'aigles, a été construit en 1820-30 sur un projet de Antonio Corazzi, et devint le siège de la Société des Amis des Sciences, co-fondée par Stanisław Staszic.

A la fin du 19ème siècle, les Russes modifièrent le bâtiment selon un style Moscovite-Byzantin. Il retrouva sa conception originale quand la Pologne regagna son indépendance.

 

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Dans le palais vivait Stanisław Staszic (né en 1755), réformateur de la période des Lumières, érudit distingué et co-fondateur de la Société des Amis des Sciences. Ses funérailles en 1826 se transformèrent en un grand élan patriotique. Après le service commémoratif dans l'église Sainte Croix, où fut joué un requiem spécialement composé par Jozef Elsner, et où le Comte Fryderyk Skarbek fit un panégyrique, des milliers de gens accompagnèrent sa dépouille jusqu'à l'église de Bielany. Frédéric Chopin raconta avec amusement que le cortège funèbre bousculait le cercueil. Il dit que lui-même assista aux funérailles et déchira un morceau du drap funéraire qui recouvrait le cercueil pour le garder en souvenir.

 

Fryderyk Skarbek.PNG Fryderyk Skarbek

 

Un autre résident du palais était le Comte Fryderyk Skarbek (1792-1866), propriétaire de Zelazowa Wola, élève de Nicolas Chopin, et plus tard, parrain de Frédéric. Il était professeur à l'Université, économiste et écrivain, et était lié aux Chopin par une profonde amitié. Il prétendait que Nicolas, en tant que professeur, avait fait de lui un homme. Lui-même s'est toujours intéressé au bonheur et à la carrière de son filleul, se montrant très fier de son talent.

(réf. Les itinéraires tracés par Jerzy Majewski)

 

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17 janvier 2025

L'histoire du cœur de Chopin

Octobre 1849 : Chopin est mourant. C'est à sa demande expresse, renouvelée à plusieurs reprises, en particulier auprès de sa sœur aînée Ludwika accourue à son chevet, qu'on ouvrit son corps afin d'y prélever le cœur. Pourquoi cette demande ? Pour mieux comprendre la maladie dont il avait souffert toute sa vie ? Ou par crainte d'être enterré vivant ? Ceci reste purement spéculatif. Mais nous savons de façon certaine qu'il souhaitait être inhumé à Varsovie, auprès de sa sœur Emilia emportée par la tuberculose en 1827 à l'âge de 14 ans. Cependant, on ne pouvait accéder à cette volonté en raison de la situation politique de la Pologne à cette époque.

"Je sais que Paskiewicz(*) ne vous autorisera pas à me transporter à Varsovie, emportez donc au-moins mon cœur"(**).

 

Frédéric Chopin sera donc enterré au cimetière du Père-Lachaise, mis en service quelques décennies plus tôt.

 

De quoi est mort Chopin ? Assurément d'une tuberculose fibreuse à évolution très lente, ses deux poumons étant rongés. Ou d'une pathologie cardiaque consécutive à cette maladie.

Placé dans un vase contenant de l'alcool, le cœur quitta Paris le 2 janvier 1850 pour un voyage périlleux. En particulier le passage de la douane russe à Myslowicz. Mais dissimulé sous la robe de Ludwika, ce passage se fit sans encombres.

 

D'abord gardé dans la maison des Jedrzejewicz, il reçut enfin l'autorisation d'être placé dans les catacombes de Varsovie grâce à l'intervention de l'évêque Dekert, ami de la famille Chopin. "Le vase avec l'alcool dans lequel on l'avait mis, fut placé dans un beau coffre d'ébène sur lequel était peint un cœur  en argent avec une inscription appropriée. Ce coffre hermétiquement fermé fut placé dans un coffre plus grand en chêne qui fut alors scellé. Ainsi protégé, le cœur fut enfin déposé dans les catacombes, pour cela il avait fallu la protection particulière d'un peu tous les représentants du clergé." (**)

 

1878 : le cœur est transféré de la crypte à la nef de l'église Sainte Croix, grâce aux démarches répétées d'Antoni Jedrzejewicz, à condition qu'il n'y ait pas de cérémonie officielle. "... cela se passa le soir, dans le silence, en présence de quelques personnes à peine..." (**). En effet, aux yeux des autorités russes, "cette relique encombrante risquait d'entretenir un culte national, aussi dangereux qu'une sédition. Chopin était le premier des exilés de la Grande Emigration à recevoir une sépulture officielle en terre polonaise" (***).

 

 

Le cœur demeura dans son pilier jusqu'à l'insurrection de Varsovie en août 1944, date à laquelle il tomba dans les mains du Général SS von dem Bach qui le remit à l'archevêque de Varsovie afin de le protéger des bombardements qui allaient détruire une grande partie de la ville. Il fut sauvegardé en sécurité à Milanowek, à une quarantaine de kilomètres de Varsovie, puis transféré à Zelazowa-Wola.

Le 17 octobre 1945, à Zelazowa-Wola, le Président du Conseil National du peuple, Boleslaw Bierut, remet au Président de la Ville de Varsovie, Stanislaw Tolwinski, la précieuse urne qui sera ce jour-là, au cours d'une cérémonie officielle, replacée dans son sanctuaire initial de l'Eglise de la Sainte-Croix à Varsovie.

 

 

2008 : Le cœur est de nouveau en danger.

 

Chopin est mort à 39 ans, d'une tuberculose, pensait-on jusqu'ici. Mais récemment, des chercheurs polonais ont émis une autre hypothèse.

 

En effet, la santé fragile du musicien et plusieurs indices laissent supposer qu'il pourrait avoir souffert de mucoviscidose (fibrose kystique) : sa maigreur, les fièvres récurrentes, la puberté retardée et l'infertilité, les infections pulmonaires à répétition et une toux persistante, la difficulté de Chopin à monter les escaliers dans la dernière partie de sa vie. La mucoviscidose n'a été découverte que plusieurs décennies après la mort de Chopin. Cette maladie étant génétique, il suffirait donc de pouvoir prélever un échantillon sur le cœur du musicien pour rechercher dans l'ADN une mutation du gène CFTR. Le dernier examen du cœur de Chopin remonte à l'après-guerre, car durant les combats, il avait été sorti du pilier pour être préservé des bombardements. Avant d'être replacé dans le pilier, un médecin l'avait examiné et découvert qu'il était parfaitement préservé dans un alcool qui, selon de nombreux experts, serait du cognac. Depuis, le cœur est resté enfermé dans le pilier.

 

Pour pratiquer ces prélèvements, une autorisation était cependant nécessaire. Les deux descendants de Chopin alors en vie ont donné un avis différent sur la question. Le Ministère de la Culture polonais, quant à lui, a rejeté en juillet 2008 la demande des scientifiques, arguant que la recherche proposée servirait avant tout à satisfaire la curiosité des auteurs du projet.

 

L'Eglise, elle, préférerait que le cœur ne sorte plus de son pilier. "C'est quelque chose d'intouchable, un mystère, mais aujourd'hui, nous avons une culture où il faut absolument tout savoir."

 

(*) Ivan Paskiewicz (1782-1856) : officier russe, joua un grand rôle dans l'écrasement de l'insurrection polonaise de 1830 à l'issue de laquelle il fut nommé  lieutenant général du Royaume de Pologne, c'est à dire substitut du tsar dans ce royaume de 1831 à sa mort.

(**)  Témoignage d'Antoni Jedrzejewicz, fils de Ludwika et neveu de Chopin

(***) cf "Chopin, l'enchanteur autoritaire" de Marie-Paule Rambeau

3 janvier 2025

Gustave Papet, médecin de Chopin à Nohant

 

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Ami de longue date de George Sand, Gustave Papet comptait parmi les habitués de la maison de l'écrivain. "Notre plus proche voisin habitait et habite encore un joli château de la Renaissance. Ce voisin, M. Papet, amenait sa femme et ses enfants passer la journée chez nous et son fils Gustave était encore en robe quand nous fîmes connaissance." (Histoire de ma vie, par G.Sand). Il fut le premier à ausculter Chopin à son retour de Majorque en 1839. George Sand avait une entière confiance dans ses compétences : "Il a un coup d'œil et une finesse d'observation extraordinaire pour les maladies." Papet était convaincu que Chopin n'était pas phtisique, mais seulement fragile. Selon lui, sa toux et ses maux de gorge étaient le fait d'une maladie chronique du larynx que l'on pouvait soulager avec les traitements qu'il lui donnait, bien qu'elle fût incurable.

[...] Chopin va bien. Papet l'a encore ausculté et lui trouve la poitrine intacte. Il l'a médicamenté avec grand succès ces jours-ci. Il m'assure qu'il recouvrera une à peu près bonne santé. Je le crois aussi. Nohant jusqu'à présent lui réussit très bien. [...] (George Sand à la Comtesse Marliani, à Paris. Nohant, 15 juin 1839

A partir d'avril 1840, "les symptômes avaient changé - Chopin ne crachait plus ses poumons, mais ressentait une vive douleur de côté dans la poitrine et avait mal à la tête. ("Il me faut rester couché toute la journée tellement ma caboche et mes ganglions me font mal", écrivit-il à Grzymala). Une grande faiblesse clouait le malade au lit. George appela en consultation plusieurs médecins, dont Paul Gaubert, son médecin de Paris, et fit venir le Dr Papet du Berry, auquel Chopin faisait toute confiance. Grâce à leurs soins, les symptômes disparurent et le patient reprit des forces, ce qui rassura George Sand. Seul Jan Matuszynski, de plus en plus malade lui-même, s'évertuait à les convaincre que Frédéric était phtisique comme lui, mais George Sand refusait de l'admettre. "Je crois que c'est un rhumatisme. J'espère que ce n'est pas l'invasion d'une maladie de poitrine quoique son Polonais ait l'air de le croire", écrivit-elle au docteur Gaubert le 2 avril 1840. Et le 1er juin 1840, Papet déclara que Chopin avait la poitrine et le larynx parfaitement sains et que la cause de ses maladies était un encombrement de mucosités qui produisait un étouffement et un état de faiblesse. (source : "Chopin, par Tadeusz A.Zielinski - Ed. Fayard)

 

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Gustave Papet naquit en 1812 au château d'Ars, à 2 km de Nohant. Son grand-père, fermier à Sarzay, l'avait acquis pour 175 000 livres vers 1782. C'est également à Ars qu'il mourut en 1892.

Très riche, sa fortune lui permit d'exercer la médecine gratuitement pour ses amis et pour les pauvres tout en gérant ses domaines. Ami fidèle, il fut mêlé aux événements de la vie de George Sand. Il favorisa ses amours avec Sandeau, témoigna contre Casimir Dudevant lors du procès en séparation. George Sand lui a dédié Mauprat.

 

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George Sand situa quelques scènes de son roman Les Beaux Messieurs de Bois Doré au Château d'Ars.

Le parc est visible à l'occasion de quelques manifestations comme Les Rencontres de Luthiers et Maîtres Sonneurs, et la fête du Chien et de la Chasse. L'intérieur du château est ouvert à la visite uniquement lors d'expositions temporaires, comme celle-ci :

 

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27 décembre 2024

Zelazowa Wola, la maison natale de Chopin

 

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C'EST ICI QUE TOUT A COMMENCE, DANS CETTE ALCOVE, UN 1er MARS 1810... 

 

Si les touristes du monde entier visitent avec silence et respect une gentilhommière polonaise qui a retrouvé à l'occasion du bicentenaire de Chopin la blancheur de ses murs et la nudité de ses pièces, il faut savoir que la maison natale du compositeur était bien différente : plus simple, plus humble (quoique la simplicité et l'humilité du lieu ont été préservées avec beaucoup de soin)... une petite maison des communs, annexe du manoir des Skarbek, où l'on avait logé dans le temps un professeur de français et sa femme. "On installa le jeune couple dans une des dépendances du château, dans cette petite maison au perron de bois, au toit élevé, dont les tuiles avaient perdu leur couleur" .  "A droite, dans un logement composé de trois pièces, si basses qu'on peut toucher le plafond du doigt, vivait, au commencement du siècle, un homme d'une trentaine d'années, brun, à l'oeil vif, au visage fraîchement rasé. On le trouvait chaque soir penché sur un livre. De temps à autre, le vagissement confus d'un enfant au berceau, arrivant de la pièce voisine, lui faisait interrompre son labeur. Ce nouveau-né était Frédéric Chopin, et cet homme aux traits réfléchis, au regard ferme et intelligent, Nicolas Chopin, son père, fixé depuis une vingtaine d'années en Pologne (Comte Wodzinski - Les trois romans de Frédéric Chopin).

 

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Zelazowa Wola, par Chelmicki d'après Jaworski 1870

 

Zelazowa Wola se situe à 54 km à l'ouest de Varsovie. On peut s'y rendre à pied depuis Sochaczew, par une allée classée. L'appellation du village provient du nom de ses premiers propriétaires au 16ème siècle : Mikolaj et Piotr Zelazo.

Les propriétaires suivants furent la famille Paprocki.

Fin 18ème siècle, le manoir fut construit.

En mai 1798, les Skarbek achètent Zelazowa Wola à Piotr Luszczewski.

En 1801, le Comte Kacper Skarbek s'enfuit en laissant d'énormes dettes. La propriété est reprise par sa femme la Comtesse Ludwika Skarbek.

En 1802, la Comtesse Skarbek engage Nicolas Chopin pour l'éducation de son fils Fryderyk. Au manoir, Nicolas tombe amoureux d'une cousine des Skarbek, intendante au château : Justyna Krzyzanowska.

En 1806, Nicolas et Justyna se marient.

En 1807 naît leur première fille, Louise (Ludwika).

En 1810 (le 1er mars) naît Fryderyk (ainsi nommé en l'honneur de son parrain Fryderyk Skarbek).

Chopin n'avait que six mois lorsqu'il quitta Zelazowa Wola pour Varsovie en 1810, mais il revenait y faire des séjours pour les fêtes ou pour les vacances, et revint y faire ses adieux à la fin de l'été 1830.

Entretemps, le domaine de Zelazowa Wola est repris par les fils de la Comtesse : d'abord Fryderyk, puis en 1825, Michal.

En 1834, Michal Skarbek, endetté, se suicide. Le village, avec les bâtiments du domaine, passe dans des mains étrangères : Franciszek Kwiatkowski, Jozef Wisniewski (jusqu'en 1842), Henryk Peszel (jusqu'en 1856) et Pawel Jaworski.

De 1859 à 1878, le propriétaire de Zelazowa Wola, A. Towianski, fit ajouter un porche d'entrée à la maison des Chopin, qu'il fit entièrement restaurer afin de commémorer le lieu de naissance du génial compositeur. Les premiers projets d'un lieu d'hommage à Chopin commencent à poindre.

En 1879, Aleksander Pawlowski devient propriétaire. Indifférent à Chopin et aux projets d'hommage, il installe dans la maison ... un entrepôt ! L'état de la maison devient lamentable. Les milieux artistiques commencent à se manifester. Le compositeur russe M. Balakirev, admirateur de Chopin, se rend à Zelazowa Wola et aborde publiquement la question de l'état déplorable de la maison.

En 1894, on inaugure à l'initiative de M.Balakirev le premier monument à Chopin : un obélisque.

 

 

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Zelazowa Wola 1190 vue ancienne

 

Pendant la première guerre mondiale, les bâtiments du château furent incendiés (sauf la maison de Chopin, miraculeusement préservée), et le domaine partagé entre les paysans en 1918. Le parc et la maison de Chopin furent attribués à R. Szymianowski, qui abattit une partie des arbres.

A la fin des années 1920, l'Association des Amis de la Maison de Chopin (créée en 1926) et le Comité Chopin de Sochaczew rassemblent de l'argent et rachètent la maison et le parc. On plante dans le parc arbres et plantes exotiques, et la maison est restaurée et meublée de nombreux objets classés d'époque (dont un piano droit Pleyel). 

 

Zelazowa Wola 126 vue ancienne travaux recadrée

 

La maison, appelée désormais "manoir" et devenue musée, est ouverte au public le 17 octobre 1931 (date anniversaire de la mort de Chopin). 

Durant la deuxième guerre mondiale, la maison est pillée, les alentours dévastés. Il fallut tout recommencer à zéro. 

De 1950 à 1952, le manoir fut administré par le Musée National. 

A partir de 1953, la responsabilité du manoir fut confiée à la Société Frédéric Chopin de Varsovie. 

En 2005, l'Institut National Chopin prend le relais, et devient propriétaire des lieux en 2009. Il agrandit et revalorise le parc, installe un pavillon pour des concerts et un nouveau centre d'information.

 

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Zelazowa Wola 40 intérieur

 

Zelazowa Wola 44 intérieur

 

25 décembre 2024

Quelques objets personnels de Chopin

Montre

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Montre en or offerte au petit Chopin par la cantatrice italienne Angelica Catalani, pour sa prestation dans un concert privé. Chopin la conserva toute sa vie.

Bonbonnière

Agenda 01

       Agendas

Musée Chopin 21

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                                                         agenda de 1848 (ci-dessus)

Agenda 02

 

 

25 décembre 2024

Chopin, vu par Solange Sand

 

"L'âme d'un ange, jetée sur terre dans un corps meurtri, pour accomplir une mystérieuse

rédemption. Est-ce parce que sa vie a été une agonie qui dura 39 ans, que sa musique est

si élevée, si douce, si majesteuse ?"

 

Solange Sand-Clésinger

Solange Clésinger

 

 

25 décembre 2024

La nuit où Chopin devint célèbre - ouvrage de Piotr Witt

 

J'aimerais vous informer de ce livre par Piotr Witt (historien, critique d'art, écrivain et journaliste) sorti fin septembre 2015 et préfacé par Rafal Blechaz (Premier Prix du Concours Chopin 2005)

Couverture Piotr Witt

Le livre comporte des résumés en 10 langues étrangères.

Sur le site de l'éditeur, il y a la table des matières en français (cliquer sur "spis tresci")

Voir aussi le Facebook de l'éditeur
 

  Piotr Witt

 

Une rencontre en français avec l'auteur précédera le concert de CRACOW DUO - jeudi 12 NOVEMBRE 2015 à 20h30

Couvent Dominicain de l'Annonciation Salle Albert Legrand

 

222 rue du Faubourg St Honoré 75008  PARIS - Metro : Ternes, George V, Etoile

 

Réservation des places obligatoire par mail lesconcertsdu222@orange.fr

 

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Witt, Piotr : "Przedpiekle sławy : rzecz o Chopinie". En polonais.

 

                                     [Chopin : limbes de la gloire]

 

1ère éd. Varsovie ( Warszawa) 2010 . Livre publié et financé par le Ministère de la Culture et du Patrimoine National Polonais ( Ministerstwo Kultury i Dziedzictwa Narodowego-MKiDN)

 

2ème éd. Varsovie ( Warszawa) 2015. Publié par DiG. Avec la préface de Rafał Blechacz.

 

  

 

Piotr Witt : Historien, critique d'art, écrivain et journaliste. Ancien rédacteur dans la revue Sztuka [L'Art]. Ancien rédacteur et présentateur des nouvelles culturelles à la télévision polonaise. Commentateur à Radio Free Europe (ca 3000 émissions). Auteur des titres, entre autres : Vierge de Czestochowa, en tant q’une idée politique (Université de Lille, 1989),"Ambassade de Pologne : Hôtel de Monaco" (Flammarion, 2005). Vit à Paris.

 

 

 

Résumé

 

Un succès éclatant va transformer la vie de Chopin en France : c’est celui de la nuit où il devint célèbre.

 

Si les premiers mois de sa vie à Paris ne sont pas connus, par contre, à partir de cette nuit, chacune de ses apparitions publiques sera annoncée, rapportée et commentée par la presse, chaque geste, chaque mot sera enregistré par ses élèves ou par les échotiers.

 

Qu’a-t-il fait à son arrivée ? Où a-t-il habité ? Comment a-t-il vécu ? On ne connait là-dessus que des légendes imprécises, sans doute fausses : les pauvres n’ont pas d’histoire.

 

Pourtant, la période précédant son triomphe mérite d’être mieux connue. Car c’est au cours de ces mois-là que, candidat malheureux à un métier de concertiste, il va se transformer en un professeur de piano recherché à prix d’or ; un compositeur à qui on a voulu faire exécuter des opéras et des œuvres grandioses va devenir l'auteur d’études brillantes, de préludes, de nocturnes et de mazurkas joués pour l’élite aristocratique et connaisseur dans les premiers salons de Paris. (P.W.)

 

 

 

LA NUIT OU CHOPIN DEVINT CÉLÈBRE

 

C’est tout récemment seulement qu’il a pu être établi de façon certaine, que le concert parisien de Chopin, qui propulsa le génial musicien sur les sentiers de la gloire, n’eut pas lieu là où on le pensait. En réalité, il se déroula au Faubourg Saint-Germain dans le célèbre Hôtel de Monaco qui abrite aujourd’hui l’Ambassade de la République de Pologne en France.

 

On doit cette découverte capitale à Piotr Witt, historien polonais réputé, auteur d’une étude remarquable sur l’Hôtel de Monaco.

 

Jusqu’à Piotr Witt, il était communément admis que le succès de Chopin, dans la société parisienne de la Monarchie de Juillet, était dû au concert qu’il aurait donné chez les Pleyel, le 25 ou le 26 février 1832, les auteurs divergeant sur la date exacte.

 

Witt, Piotr : "Przedpiekle sławy : rzecz o Chopinie". En polonais. [Chopin : limbes de la gloire]

 

Varsovie ( Warszawa) 2015. Publié par DiG. Avec la préface de Rafał Blechacz.

 

 

 

La salle Pleyel n’existait pas encore et ce concert privé en appartement, n’avait pour but principal, sinon exclusif, que de valoriser la production du fabricant de pianos, «Monsieur Chopin de Varsovie» n’étant qu’un faire-valoir intervenant à titre complémentaire.

 

Le musicien resta d’ailleurs, après ce concert chez les Pleyel, aussi pauvre et inconnu qu’il l’était avant la soirée.

 

Comme tous les Parisiens de l’époque, il dut subir la terrible épidémie de choléra qui fit quelques vingt mille victimes. La capitale fut ainsi pratiquement désertée jusqu’à la fin de l’année 1832 et Chopin, au bord de la misère, pensa quitter la France pour tenter sa chance en Amérique.

 

Un événement heureux le fit changer d’avis car, en janvier 1833, il se réjouit auprès d’un ami de gagner désormais très confortablement sa vie avec un revenu quotidien de 100 francs/or par jour soit l’équivalent de plusieurs centaines d’euros d’aujourd’hui.

 

Que s’était-il donc passé pour que le jeune Polonais au nom français passe subitement de la gêne et du besoin à une certaine opulence ? La réponse est simple: le prestigieux concert qui eut lieu en l’Hôtel de Monaco le 30 décembre 1832.

 

L’Hôtel de Monaco était alors le siège de l’Ambassade d’Autriche. Des fêtes somptueuses s’y déroulaient où la musique tenait une place essentielle. La Comtesse Apponyi, épouse de l’Ambassadeur, une Italienne, avait voulu faire de ce petit palais Brongniart, un véritable temple des arts, des lettres, de la culture et du goût.

 

Elle y réussissait pleinement.

 

Participer dans un tel contexte au somptueux «Concert du Nouvel An», dont on sait l’importance et l’éclat qu’il revêt chez les Autrichiens chaque année à Vienne, était pour le jeune pianiste polonais inconnu une occasion unique d’accéder à la célébrité. Sous la baguette du déjà illustre Rossini, Chopin se retrouva sur le devant de la scène aux côtés du baryton Tamburini, du ténor Rubini et de la cantatrice Grisi, les plus belles voix de l’époque entourées du meilleur choeur, celui du Théâtre Italien.

 

Devant l’auditoire le plus exigeant d’Europe, Chopin réussit brillamment son examen de passage aux côtés d’un autre «monstre sacré» de la musique: Franz Liszt.

 

Se produire en 1832 à l’Ambassade d’Autriche, dans les superbes et merveilleux salons de l’Hôtel de Monaco, était alors pour un jeune musicien l’équivalent d’un premier concert aujourd’hui à Carnegie Hall, à Covent Garden, au Théâtre des Champs-Elysées, ou encore à l’Opéra de Monte-Carlo.

 

En fixant la date de la lettre écrite par Chopin à un ami une semaine après ce mémorable concert, lignes dans lesquelles Chopin se réjouit de sa réussite, Piotr Witt a sorti de l’oubli du temps ce concert de référence, dont personne ne parla depuis, mais qui fut bien le «détonateur» de la réussite et de la prodigieuse carrière de Chopin.

 

Christian Charlet, historien. In : le Programme du Concert exceptionnel à l’Opéra de Monte Carlo, le 24 février 2010

 

 

L’auteur a fait une découverte vraiment essentielle, qui change des certitudes établies jusqu’à maintenant, sur la date et le lieu précis du premier vrai succès de Chopin, celui  qui allait décider de sa gloire. Il raconte cette histoire de façon fascinante. Un tableau étincelant et riche en couleurs du Paris des années 1830 : excellente connaissance des prix des appartements,  du pain et des repas… (...) Les qualités du livre de Piotr Witt font qu'il peut intéresser même ceux qui n’entendent rien à la musique.

 

Andrzej Dobosz -  écrivain, critique littéraire



25 décembre 2024

Chopin, vu par Ernest Legouvé

  

Le génie [de Chopin] ne s'éveillait guère qu'à une heure du matin. Jusque-là, il n'était qu'un pianiste charmant. La nuit venue, il entrait dans le groupe des esprits aériens, des êtres ailés, de tout ce qui vole et brille au sein des demi-ténèbres d'une nuit d'été."

 

Ernest Legouvé, Soixante Ans de souvenirs, Ed. Hetzel, Paris, 1886

 

Description de cette image, également commentée ci-après

E.Legouvé vers 1875 par Nadar

 

 

25 décembre 2024

L'Université de musique Fryderyk Chopin à Varsovie

 

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Conservatoire façade

L'Université de musique Fryderyk Chopin à Varsovie reçut son nom actuel en 2008 (avant cette date, elle s'appelait l'Académie de Musique). C'est la plus ancienne école de musique de Pologne. Avant 1939, le site actuel était occupé par un cirque.

Dans la bibliothèque de l'université se trouve "l'Edition Nationale" complète des oeuvres de Chopin, publiées avant la guerre par Ignacy Paderewski, Ludwik Bronarski et Jozef Turczynksi, ainsi qu'une édition moderne publiée par le pianiste Prof. Jan Ekier. Les deux éditions sont admissibles pendant les Concerts Chopin Internationaux.

La bibliothèque comprend également l'ensemble le plus important au monde de manuscrits par Ignacy Paderewski, grand admirateur de Chopin.

Dans la cour intérieure du Conservatoire se trouve un magnifique buste de Chopin par Max Biskupski, portant l'intitulé "Serce Chopina" (le coeur de Chopin).

 

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25 décembre 2024

Passerelles... poème de Dominique Hilloulin

Voici un magnifique poème que Dominique Jean Hilloulin m'a fait parvenir. J'ai le grand plaisir de le reproduire ici.

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PASSERELLES…

George Sand, accoudée au Pleyel, suit les mains
Cherchant la note bleue sur les touches de moire,
Lentes suites d’accords égrenés sur l’ivoire…
Chopin est au piano ! Soucieux des lendemains,

Si malade déjà, souffreteux, déclinant,
Solennel comme l’est l’atmosphère tragique
De ce Nocturne Treize, austérité magique
Dans un ornement simple au tempo alternant.

Ce soir, cercle d’amis dans un salon privé,
Fryderyk Franciszek ouvre des passerelles,
Tristes mélancolies et fuite intemporelle,
Temps de recueillement vers un monde rêvé.

Il va voler le temps qui, dans l’obscurité
De la nuit musicale hisse l’imaginaire
D’auditeurs éveillés aux octaves lunaires
Et gomme les contours de la réalité :

Des basses ondulées ou des accords brisés,
Profonds soubassements d’une douleur intense,
S’amplifient librement, chef d’œuvre de violence
Domptée dans un opus aux tourments apaisés

Dès que la mélodie, par un souffle léger,
Poussée tel un esquif dessus de sombres vagues,
Tempère l’émotion de l’âme qui divague
Et finit, longue plainte, en calme passager.

Avant de saluer, Chopin mime un balai
Du revers de la main, comme effaçant le rêve
En chassant sa buée, insaisissable, brève,
Ineffable moment romantique, relai

Vers de lointaines voix qui parlent aux poètes !

Dominique Jean HILLOULIN
(10/12/2016)
(texte protégé) (contact auteur:yesblue@wanadoo.fr)

@tous droits réservés

 

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25 décembre 2024

Invitation au concert du 16 février 1848

  

invitation concert du 16 février 1848

25 décembre 2024

Programme du concert du 16 février 1848

 Programme du concert de Chopin du 16 février 1848 dans les Salons Pleyel

programme 16 février 1848

 

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Salons Pleyel rue Rochechouard à Paris

En 1839, la Maison Pleyel transfère ses magasins de la rue Cadet à la rue Rochechouard au n° 20 à Paris dans un magnifique local, où elle réunit ses principaux ateliers, une vaste galerie et des salons qui offriront au public la plus grande latitude pour le choix des instruments.

 

 

25 décembre 2024

Découverte d'un nouveau daguerréotype de Chopin

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Communiqué de presse Sion, Suisse, et Paris, France, 16 janvier 2017

Découverte d’un très probable portrait photographique inédit de Frédéric Chopin (1810-1849)

Surprise de taille et émotion dans le monde du piano classique ! Une image inédite et du plus grand intérêt a été découverte chez un particulier par un fin connaisseur de Frédéric Chopin, M. Alain Kohler, un physicien suisse. Celui-ci a mené une enquête approfondie avec M. Gilles Bencimon, Radio France Internationale, lui-même passionné du musicien. Les deux chercheurs sont arrivés à la conclusion qu’il s’agit selon toute vraisemblance d’une reproduction photographique d’un daguerréotype inconnu jusque-là de Chopin. Certainement effectué vers 1847 dans l’atelier de Louis-Auguste Bisson, ce cliché ne serait que le troisième portrait photographique connu du compositeur. M. Alain Kohler n’en est pas à son coup d’essai puisqu’il avait découvert il y a deux ans, chez son propriétaire allemand, le piano à queue Pleyel n°11265 qui fut celui de Chopin à l’hiver-printemps 1844-45 au Square d’Orléans à Paris.

Deux photographies connues à ce jour

Des deux daguerréotypes originaux de Chopin, perdus pendant la seconde guerre mondiale, on ne connaît que des reproductions. Pris entre 1840 et 1845, le premier est d’une qualité relativement médiocre. Réalisé vers 1847, le deuxième, universellement connu, montre le pianiste psychologiquement tourmenté et physiquement marqué par la maladie. On sait qu’il fut réalisé dans l’atelier parisien de Louis-Auguste Bisson.

Découverte chez un particulier

Un pur hasard est à l’origine de cette découverte. C’est lors d’une rencontre avec un particulier mélomane qu’en discutant dans son salon, M. Kohler remarque au mur l’image troublante d’un personnage encore assez jeune, élégant et au visage sombre. Familier de longue date avec les portraits de Chopin, M. Kohler fait immédiatement le rapprochement et s’interroge. Conscient que l’image est inconnue de l’iconographie chopinienne, il convainc son propriétaire de l’autoriser à faire une copie du document en vue de l’étudier attentivement. Il contacte alors plusieurs spécialistes dans différents domaines et se fait activement aider par M. Gilles Bencimon pour tenter d’authentifier le document.

Eléments concordants, présomption renforcée

Des comparaisons minutieuses avec d’autres portraits du compositeur - photographiques, peints, dessinés, sculptés - sont effectuées parallèlement par Messieurs Kohler et Bencimon. La confrontation des analyses poussées, tant dans l’aspect général que dans les moindres détails (pris isolément puis de nouveau rapportés à l’ensemble, à l’appui des connaissances), laisse bientôt peu de place au doute : physique, expression, vêtements, marques distinctives, proportions et jusqu’au décor visible, permettent d’aboutir à la quasi- certitude qu’il s’agit bien de Chopin !

Eventualité d’un faux peu crédible

Dans le cadre - qui n’a pas été négligé - d’une étude critique du cliché (non original), il a été envisagé par Alain Kohler et Gilles Bencimon de l’éventualité d’une reproduction picturale destinée à simuler une nouvelle photographie de Chopin. Or l’analyse objective point par point des différents paramètres - convergences et divergences entre l’image inédite et le cliché « officiel » bien connu de Louis-Auguste Bisson, non moins que la technique elle-même et la texture du document, sans en exclure l’aspect sensible - permet aujourd’hui de penser qu’un faux est hautement improbable.

Un troisième daguerréotype

Il est notamment constaté qu’à l’évidence l’image découverte, possiblement recadrée, présente un décor identique à celui du célèbre daguerréotype de Chopin par Bisson, non moins que d’autres portraits anonymes réalisés par le photographe : nous serions donc bel et bien en présence d’une reproduction photographique tout au moins d’un second daguerréotype de Chopin pris dans ce même atelier parisien toujours vers 1847, soit à une époque où le musicien porte ostensiblement - au physique et au moral – les stigmates de la maladie et l’abattement. On insiste sur cet aspect particulièrement commun aux deux clichés. Si Chopin lui-même ne mentionne pas l’existence de daguerréotypes dans sa correspondance connue, il n’en est pas de même pour son élève et amie Jane Stirling (1804-1859) qui y fait explicitement référence, sans toutefois pouvoir identifier précisément les portraits évoqués après la mort du maître dans une lettre à sa soeur Ludwika Jedrzejewicz :

 « Dites à la chère Mère que les daguer. sont vraiment trop laids – ils ne ressembleront nullement à lui et à elle » (9 février 1850).

Une énigme demeure

L’original du très probable troisième daguerréotype de Chopin mis au jour a-t-il également disparu comme les deux autres déjà répertoriés ? Malgré leurs efforts et après avoir consulté diverses personnes et institutions autorisées, Messieurs Kohler et Bencimon, qui souhaitent faire partager cette découverte aux nombreux admirateurs du musicien à travers le monde, n’ont pu trouver trace d’un tirage original. A cet égard, ils restent ainsi ouverts à toute information susceptible d’en favoriser la localisation, voire, à défaut, la traçabilité.

Adresses de contact et références

Pour la Suisse : Alain Kohler, Sion, alain.kohler@tsv2net.ch

Pour la France : Gilles Bencimon, Paris, gb.chopin2016@free.fr

 

+d'infos: http://www.institutpolonais.fr/#/event/1731

  • Un nouveau daguerréotype représentant Chopin ?
  •  
25 décembre 2024

A quatre mains, poème de Dominique Hilloulin

 

 

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À QUATRE MAINS


- 10 Avril 1827* –

« Emilia ! Emilia ! Oh, non, petite sœur !... »
Il n’en dira pas plus devant la stèle ouverte
Comme plaie de chagrin, béante ! Découverte
Du premier coup du sort, injuste punisseur.

Fryderyk, dix sept ans, mure son émotion,
Scellant ce mal terrible au fond de sa poitrine,
Cherche par quel talion la Parque vipérine
Se venge d’une enfant dont la disparition

Dans la fleur épanouie du bel espoir du fruit
Parfumera longtemps le bouquet de ses notes :
Même feue, Emilia posera ses menottes
Au piano,
chaque jour,
à quatre mains,
sans bruit !

 

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Emilia Chopin


Dominique Jean HILLOULIN
(12/01/2017)
(texte protégé, @tous droits réservés)
d’autres œuvres de l’auteur ici : site de motsdesoie-Jimdo

 

25 décembre 2024

Il avait la funeste habitude...

 

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"C'était déjà un tableau inoubliable de le voir assis au piano, pareil à un voyant perdu dans ses songes ; de voir comment le songe créé par lui se traduisait dans son jeu et comment, chaque morceau fini, il avait la funeste habitude de parcourir d'un doigt toute l'étendue du clavier glissando comme pour se dégager puissamment de son songe."

 

Robert Schumann

 

 

 

 

25 décembre 2024

Interpréter Chopin

 

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"Beethoven mal joué est ennuyeux ; Chopin mal joué est insupportable." Cette affirmation péremptoire de Dominique Jameux résume une indubitable constatation : la poésie exaltée qui fonde l'art musical de Frédéric Chopin peut facilement se défaire en une mièvre sensiblerie, tout comme elle permet, si elle est magnifiée par des mains et un esprit aguerris, de tendre à l'état de grâce. Celui-ci fut heureusement approché à plusieurs reprises, l'oeuvre chopinienne occupant depuis son origine une place de prédilection dans la formation et le répertoire des virtuoses du piano.

 

De son vivant, Chopin s'entoura des meilleurs pianistes de son temps qui défendirent et diffusèrent sa musique hors des cercles étouffants de la mondanité et au-delà des frontières de la France, tels Ferdinand Hiller (1811-1885), George Osborne (1806-1893), qui, dans ce répertoire, suscitait l'admiration d'Hector Berlioz, Clara Schumann, née Wieck (1819-1896), l'une des premières à répandre les créations du maître polonais en Europe, ou encore Franz Liszt (1811-1886), qui poursuivit entre 1839 et 1847 une éminente carrière de concertiste dans un répertoire s'étendant de Johann Sebastian Bach à Chopin dont il appréciait notamment l'originalité compositionnelle. A sa suite, d'autres célèbres pianistes-compositeurs trouvèrent en Chopin l'une des voies privilégiées de leur expression, dont Ignacy Jan Paderewski (1860-1941), qui surfa sur la vague du nationalisme pour susciter l'enthousiasme à chacune de ses exécutions de la musique de son compatriote, et Serge Rachmaninov (1873-1943), doté d'une maestria légendaire du plus bel effet dans le répertoire chopinien, particulièrement la Deuxième Sonate, bien que n'hésitant pas à s'octroyer quelques libertés vis à vis de la partition afin d'y exprimer sa vision toute personnelle.

 

Quelques disciples de Chopin transmirent les secrets de sa technique pianistique, faisant ainsi école. Emile Descombes et Georges Mathias formèrent au Conservatoire de Paris Alfred Cortot (1877-1962), qui, bien que possédant un répertoire immense, fut surtout acclamé pour sa compréhension sensible de la musique romantique et chopinienne avant d'être vilipendé par les modernistes durant les années 1950-1960,  lui préférant "l'objectivité" d'un Maurizio Pollini. Pédagogue réputé, A. Cortot enseigna au sein de ce même conservatoire et travailla avec trois pianistes qui excellèrent dans l'interprétation de Chopin : Vlado Perlemuter (1904-2002), personnalité effacée qui tenta de réhabiliter le Chopin authentique, sans langueurs ni artifices ; Samson François (1924-1970), incarnation de la verve rhapsodique encensée par Vladimir Jankélévitch, qui se démarqua par son incroyable pouvoir narratif, l'expressivité de son chant et sa spontanéité enfantine ; Dinu Lipatti (1917-1950), le miraculeux, seul pianiste au monde pouvant "se flatter de rejoindre à ce point l'auteur qu'il interprète", atteignant une perfection jugée "inégalable" (Camille Bourniquel). Karol Mikuli, autre élève de Chopin à Paris dans les années 1840, tenu en profonde estime par ce dernier qui en fit son assistant et son copiste, légua son héritage à l'oublié Raoul Koczalski (1884-1948), considéré comme l'un des meilleurs pianistes polonais de sa génération et comme "le plus pur représentant de la tradition chopinienne" (Philippe Morant).

 

Depuis 1927, quelques prodigieux talents furent découverts et consacrés par le Concours international de piano Chopin, particulièrement entre 1955 et 1975. Retenons Vladimir Ashkenazi (né en 1937), la farouche et éclectique Martha Argerich (née en 1941), Maurizio Pollini (né en 1942), exemple frappant de maîtrise absolue du clavier auquel il est parfois reproché une certaine distance émotionnelle, signe d'une rigueur musicale qui refuse de se compromettre avec la sensiblerie et dont l'enregistrement du Premier Concerto reste une référence, Krystian Zimmerman (né en 1956), le plus jeune primé de ce concours en 1975, se distinguant par l'élégance, la finesse et l'intelligence de son jeu. Celui-ci eut la chance de se perfectionner auprès de l'indémodable Arthur Rubinstein (1887-1982) qui possédait ce don rare de faire parler et chanter chaque note et légua une interprétation "idéale" de Chopin (Max Loppert), perfectible dans sa virtuosité mais imprégnée d'une éloquence à la fois passionnée et contenue et d'une aristocratique poésie.

  

Carine Seron

Université libre de Bruxelles

(brochure "Chopin 2010 en Belgique")

 

 

 

25 décembre 2024

Les domiciles parisiens de Chopin

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25 décembre 2024

Chopin présentait un caractère morbide

 

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Chopin présentait un caractère morbide. "Un médecin, de nos jours, diagnostiquerait une schizoïdie bénigne, c'est-à-dire l'abstraction du contact avec le monde réel. "Je voyage en d'étranges espaces", écrit Chopin, donnant sans le savoir la plus exacte définition du phénomène de la création artistique, c'est-à-dire de l'évasion dans un monde clos, qui n'a rien à voir avec notre univers tangible.

 

Pathologiquement parlant, Chopin est-il schizophrène, schizoïde ou simplement psychasthénique ? Le symptôme essentiel des schizophrènes est de présenter une rupture du contact avec la réalité, les malades ne vivant plus que dans un monde intérieur. Les schizoïdes ont la faculté de s'isoler de l'ambiance. La psychasthénie se caractérise par l'indécision de l'esprit, une tendance aux appréhensions instinctives et irraisonnées."

  

Bernard Gavoty (Chopin, chez Grasset)

 

 

 

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